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Publié le mercredi 5 mars 2008

Question à M. Marcourt, Minsitre de l’Economie, de l’Emploi, du Commerce extérieur et du Patrimoine relative aux ajustements à apporter au plan Jobtonic.

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Chers Collègues,

Le 18 décembre dernier, en réponse à une interpellation que je vous avais adressée, vous indiquiez que, sur base des 5 premiers mois d’activité du Plan JobTonic, il apparaissait que des aménagements étaient nécessaires. Vous disiez avoir demandé au FOREM de vous faire des propositions pour résoudre divers problèmes tels que :

- absentéisme,
- passivité de certains demandeurs d’emploi,
- mise à l’emploi prématurée pour certains des moins qualifiés,
- difficulté pour certains qualifiés de se débrouiller seuls,
- inadéquation du contrat-crédit-insertion pour ceux qui s’engagent dans une recherche rapide d’emploi,
- difficulté de promouvoir les stages en entreprise,
- ...

Vous aviez aussi estimé utile de prendre en compte certains éléments de l’analyse et des suggestions des Jeunes CSC, dont je vous parlais à l’époque.

Deux mois se sont écoulés depuis ces échanges. Puis-je vous demander si le FOREM vous a adressé des propositions pour améliorer le dispositif ? Est-il possible de savoir quelles orientations prendront les améliorations envisagées ? Enfin, quand tout cela pourra-t-il être formalisé ?

Je vous remercie par avance de votre réponse.

Damien YZERBYT.

M. Marcourt, Minsitre de l’Economie, de l’Emploi, du Commerce extérieur et du Patrimoine :

Comme je l’avais en effet demandé en décembre, le FOREM a analysé les résultats obtenus dans le cadre du dispositif « Jobtonic » en vue de faire des propositions d’amélioration. Cela, en particulier sur certains aspects que j’avais relevés à l’époque et que vous venez de rappeler il y a un instant.

Le Comité de gestion de l’Office s’est donc penché sur la question à l’occasion de ses séances des 22 janvier et 12 février 2008, demandant ensuite à l’Administrateur général de me transmettre des propositions d’adaptation, ce qui vient d’être fait. En synthèse, ces propositions sont les suivantes :

1. Intégrer, au sein de la filière 1, tous les jeunes ayant ou non le CESS, la filière 2 reprenant les diplômés de l’enseignement supérieur. Au sein de la filière 1, le jeune sera alors orienté :

- Soit, par le FOREM, vers le marché de l’emploi s’il semble avoir la capacité / le bagage pour s’insérer rapidement, l’ambition étant également dans ce cadre de ne plus organiser le module trop théorique, semble-t-il, « d’initiation aux techniques de recherche d’emploi » - cause potentielle d’un certain nombre d’absentéisme par la suite - mais bien de passer directement de l’entretien de bilan aux tables de suivi ;

- Soit, tout en gardant la logique « work first », chez un opérateur tels ceux qui répondent aux appels à projet lancés par le FOREM ou de type MIRE, s’il s’avère que son insertion nécessite un accompagnement particulier ;

- Soit enfin, vers le DIISP, si un suivi plus long s’avère nécessaire (pour rappel, le parcours couvert par le contrat crédit insertion a une durée maximale de 2 ans).

2. Simplifier le recours aux stages en entreprises, notamment en harmonisant les avantages liés au MISIP (mise en situation professionnelle) et au stage d’acculturation (remboursement des frais de déplacement, octroi d’un euro de l’heure). Dans le même sens, une large promotion auprès des entreprises tant du PFI jeune que de l’APE jeune marchand est en cours, notamment via un mailing envoyé à plus de 13.000 entreprises.

3. Conclure avec certains jeunes - ceux qui, à priori, semblent les plus à même de s’insérer rapidement - un nouveau type de contrat à la place du CCI, soit le « Contrat d’action vers l’emploi ». Trois types d’actions différentes seront proposés via ce contrat et pourront bien sûr évoluer, faisant passer le jeune de l’une à l’autre, si nécessaire :

- une action de recherche d’emploi : il s’agira ici pour le jeune de participer aux prestations de recherche d’emploi, telles que proposées dans le dispositif Jobtonic, qui lui permettront de s’insérer au plus vite sur le marché de l’emploi ;

- une action d’orientation : il s’agira ici pour le jeune de participer aux prestations d’orientation professionnelle, qui lui permettront de mieux se positionner face au marché de l’emploi (identification de ses compétences, du/des métiers sur le(s)quel(s) postuler) ;

- une action de formation : il s’agira pour le jeune de participer à toutes les actions en amont de la formation, ainsi qu’à la formation proprement dite.

Le contenu de l’offre de service inhérente au « Contrat d’action vers l’emploi », en ce compris ses variantes, ainsi que les engagements réciproques pris, tant par le jeune que par le FOREM, devront bien entendu être clairement précisés. Toutefois, comme je le soulignais à l’occasion de la réponse que je vous donnais en janvier dernier, il faut insister sur le fait que le FOREM s’adresse à des adultes - certes jeunes dans ce cas précis - et doit donc avoir un discours adapté et différencié par rapport à l’école. Dès lors les informations sur les « droits et devoirs » se devront également d’être claires et précises, mais non lénifiantes.

4. Tout en conservant la logique « work first », développer encore les partenariats avec les opérateurs, dont les MIREs, en intégrant cet aspect dans les appels à projets. Ainsi, il s’agira de confier une partie des jeunes concernés par Jobtonic, ceux ayant le plus besoin d’un accompagnement, aux opérateurs, sous le « contrôle » du FOREM, et donc de renforcer, pour ce public, la logique mise en œuvre dans le cadre du DIISP.

A noter enfin que si, pour l’essentiel, les adaptations seront bien sûr concrétisées au bénéfice des jeunes qui termineront leurs études en juin 2008, le FOREM se propose, dès ce mois de mars, de prendre en charge de manière plus intensive les jeunes ayant obtenu, en 2007, un diplôme du 3ème degré de l’enseignement secondaire et qui sont toujours inoccupés actuellement, ce à quoi je ne peux que souscrire bien entendu.

De même, mais vous l’aurez sans doute déjà compris, qu’au reste des propositions énoncées, celles-ci répondant aux réformes demandées dès le mois de décembre dernier tout en respectant la philosophie initiale de Jobtonic, soit un dispositif visant (autant que possible) la confrontation directe et immédiate des jeunes à l’emploi.

Jean-Claude MARCOURT

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