Calendrier

« mai 2018 »
L M M J V S D
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3
 

Publié le mardi 4 octobre 2011

Mise en oeuvre des services Samio | premier état des lieux depuis le lancement de la mesure

Question de M. Damien Yzerbyt à Mme Évelyne Huytebroeck, ministre de la Jeunesse, intitulée « Mise en oeuvre des services Samio : premier état des lieux depuis le lancement de la mesure »

M. Damien Yzerbyt (cdH). – Ainsi que mon collègue Pierre Migisha, je vous ai déjà interrogée à plusieurs reprises, madame la ministre, sur le dossier du lancement des sections d’accompagnement de mobilisation intensive et d’observation, destinées au suivi de jeunes ayant commis des faits qualifiés infractions. L’entrée en vigueur de cette mesure a toujours tenu particulièrement à coeur notre groupe dans le cadre d’une meilleure prise en charge de certains jeunes relevant de l’Aide à la jeunesse.

La pleine effectivité de cette mesure devait être assurée dès avril dernier, lorsqu’à l’époque vous m’annonciez que les différentes phases de recrutement des éducateurs par zone d’intervention étaient en voie de finalisation. Six mois après le lancement du projet, il semble opportun de revenir vers vous pour un premier bilan. Pouvez-vous me confirmer que l’ensemble des postes d’éducateurs ont depuis lors été affectés, et que les équipes d’éducateurs sont ainsi complètes dans chacune des zones envisagées, à savoir celles de la Cour d’appel de Mons, de Liège et, tout particulièrement, de Bruxelles ?

Qu’en est-il du travail réalisé par ces équipes après six mois d’activités ? Pouvez-vous nous communiquer certains éléments d’évaluation de ce nouveau type de suivi proposé aux jeunes ? Combien de mandats ont-ils pu jusqu’à présent être confiés aux différentes équipes, et avec quel succès ? Comment se passent l’intégration et la collaboration de ces équipes dans les services de protection de la jeunesse auxquels elles ont été affectées ? Vous aviez notamment annoncé la tenue de réunions avec les magistrats, afin de porter ce nouveau dispositif à leur connaissance. Peut-on dire que ces rencontres ont permis la mise en oeuvre de la mesure sur l’ensemble du territoire de la FédérationWallonie-Bruxelles ? Les éducateurs ont-ils été confrontés à des difficultés dans le cadre de l’expérimentation de cette nouvelle mission ? Le cas échéant, des mesures ont-elles été prises afin de les soutenir dans le déploiement de ce nouveau type de suivi ?

Mme Évelyne Huytebroeck, ministre de la Jeunesse. – Cette question me permet de vous faire part, monsieur le député, des premiers échos de la mise en oeuvre de cette mesure d’accompagnement éducatif, effective depuis avril 2011.

À ce jour, je puis vous confirmer que les équipes des Samio de Mons et de Marche-en-Famenne sont complètes depuis le 1er mai 2011. Quant à la Samio de Bruxelles, le recrutement des intervenants éducatifs a été plus long car des appels successifs à candidats ont dû être diffusés. Les intervenants de la Samio de Bruxelles ont donc pris leur fonction au fil des mois et, depuis juillet, neuf des dix intervenants éducatifs prévus sont en place, le dixième candidat sélectionné par le jury s’étant désisté. Très prochainement, mon administration lancera un nouvel appel à candidatures pour pourvoir à ce dernier poste.

En ce qui concerne le travail de ces équipes et la collaboration avec les magistrats de la Jeunesse, on constate que selon les dernières données datant du 15 septembre 2011 et récoltées par les trois Samio, onze arrondissements sur treize ont confié des mandats aux Samio, exception faite des arrondissements de Dinant et de Huy.

Depuis leur démarrage, les Samio se sont vu confier 76 cas : 11 % des jeunes sont des filles, l’âge moyen est légèrement inférieur à 16 ans, les faits qualifiés infractions à l’origine de la décision du magistrat sont conformes aux balises énoncées par le projet pédagogique.

À l’analyse de ces données et après six mois de démarrage des Samio, on estime, en tenant compte de l’inactivité durant juillet et août, que ces résultats sont tout à fait encourageants à plus d’un titre. De nombreux magistrats ont rapidement saisi l’opportunité de ce nouveau dispositif. L’organisation de rencontres, d’échanges et d’informations dans chacun des arrondissements n’est certainement pas étrangère à ce constat positif, même si l’effort de sensibilisation des juges doit être poursuivi.-

L’analyse du profil des jeunes confiés, de leur parcours et des faits qui leur sont reprochés semble démontrer que la mesure est effectivement utilisée comme une alternative au placement en IPPJ. À ce jour en effet, une très faible proportion de mesures ont été clôturées anticipativement, se soldant par un placement en IPPJ.

Enfin, aucune difficulté d’intégration des équipes dans les SPJ n’a été soulevée.

Dans le cadre de l’expérimentation de cette nouvelle mission, j’ai été très attentive au soutien dont les équipes bénéficient dans la mise en oeuvre de cette nouvelle mission. Ainsi, deux processus d’accompagnement ont été mis en place depuis mai 2011 : accompagnement collectif des équipes, d’une part, et des coordinateurs, d’autre part, assuré par un superviseur externe expérimenté. Outre le soutien aux équipes, ces accompagnements ont pour objectif d’identifier et de dépasser les difficultés rencontrées et également de veiller à une mise en oeuvre armonisée des pratiques et du fonctionnement des trois Samio.

Des modules de formations spécifiques ont été mis en place, centrés sur le métier d’intervenant auprès de l’adolescent ou du délinquant : gestion de la violence, travail avec les familles. Par ailleurs, des réunions de travail, de pilotage et d’accompagnement sont organisées fréquemment afin de soutenir les directeurs référents, les coordinateurs et les intervenants dans leur mission, leur garantissant un dialogue permanent quant aux questions rencontrées, qu’elles soient organisationnelles ou pédagogiques.

Telle est l’analyse que l’on peut tirer sur six mois d’activité et qui nous livre des chiffres tout à fait encourageants. Un délai plus long permettra d’évaluer le suivi des jeunes et de leur évolution, mais je reste optimiste à propos de cette mesure.

M. Damien Yzerbyt (cdH). – Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse complète qui permet de poursuivre la réflexion.-

Damien Yzerbyt - Grand-Place, 1 - 7700 MOUSCRON | Secrétariat 056 86 05 13 - GSM 0475 22 80 16
© HMPnet.be