Après le centre-ville, des caméras-boules sont actuellement activées à Dottignies, Herseaux et Luingne. Ensuite, place aux frontières.
Lorsqu’on discute de cam à la police hurlue, on ne parle pas forcément de la substance illicite (bien que la consommation semble active chez nous). On aborde avant tout des caméras de surveillance fixées aux quatre coins de l’entité. Après l’installation de 25 « boules » dans le centre-ville, la seconde phase est actuellement en cours. En effet, des « yeux de Moscou » en périphérie de Mouscron sont installés comme l’explique Jean-Michel Joseph, chef de la zone de police sur l’entité : « Des caméras à Herseaux, Luingne et Dottignies sont installées. D’autres doivent encore être placées et activées ». Des images envoyées via faisceaux hertziens à des points relais en hauteur. Des clochers dans la plupart des cas. « On rajoute aussi deux caméras à la place du Tuquet. Quatre caméras sont encore prévues autour du Staquet, de la place de Gaulle et au Jardin des Arts » .
La troisième et dernière phase est d’ores et déjà prévue pour cette année. « En 2009, on va aussi équiper plusieurs points frontière au Risquons-Tout et au Mont-à-Leux. On doit encore sélectionner des lieux du côté de la chaussée de Lille, de l’avenue de la Bourgogne, du Cuirassier, de la Marlière, des ronds-points Allende et du Mont-à-Leux ou encore de la Grand-Rue. Chaque phase est de 200 000 €. Il y a donc trois exercices budgétaires, système budgétisé sur la zone de police. »
Quel chemin parcouru depuis près d’une décennie ! « Une réflexion avait été entamée en 2000 avec le bourgmestre de l’époque. Tout s’est accéléré après une vague de vols commis avec violence, d’octobre 2001 à mars 2002. Il y eut 50 vols avec braquage dans des petits et moyens commerces. À cette période où je venais d’arriver, j’ai relancé concrètement la réflexion sur la vidéo entre la police et les stewards urbains. » Quelques visites de villes belges équipées ainsi qu’un aller-retour en Grande-Bretagne permettront de cogiter. Une enquête d’où ressortira le vif souhait de voir des caméras fleurir convaincra l’équipe. « À Koekelberg, qui nous a le plus impressionnés, ce sont les stewards qui surveillent les écrans. Ailleurs, c’est la police. Chez nous, on a décidé de faire un mix des deux. Une idée qui plait à ceux qui pensent aussi installer des caméras. » Entre-temps, les yeux ont évolué derrière les caméras. « Une loi est instaurée en juin 2007 pour encadrer la matière. Trois arrêtés royaux sont arrivés entre-temps. Deux sont déjà parus : une clarification de la protection de la vie privée et le modèle de panneau similaire à toutes les villes qui est à fixer pour signaler la présence de caméras. Le troisième, non paru, détermine la catégorie de personnes qui peuvent regarder les caméras. J’étais dans ce groupe de travail qui a décidé que seules la police et une société de gardiennage pouvaient le faire. Mouscron a dès lors anticipé cette décision en créant son service de gardiens de la paix. Cela nous évite de nous retrouver devant un mur lorsque cet arrêté paraîtra ! »
Précurseur dans le domaine, notre entité fait sans cesse figure d’exemple. Encore dernièrement, M. Joseph (qui jongle avec le cadre légal) s’est vu chargé d’une mission honorable :« Comme c’est encore juridiquement le flou pour certains, la direction sécurité du ministère de l’Intérieur réalise actuellement un audit de plusieurs villes de Belgique équipées. Une Team Camera Consult composée de cinq personnes dont je fais partie réalise une sorte de manuel à destination des villes souhaitant installer des caméras. Elles sauront ainsi ce qu’elles peuvent faire ou non » .
Thomas TURILLON, Le Courrier, 07-04-2009









