Calendrier

« mai 2012 »
L M M J V S D
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3
 

Publié le lundi 11 août 2008

L’avenir de la Belgique, vu dans la cité des Hurlus

Le 29juillet, nous faisions état d’un sondage exclusif La Voix du Nord - Le Soir quant à l’avenir de la Belgique vu par des Wallons, des Français et des Nordistes. Nous avons voulu savoir si les résultats de ce sondage « collaient » avec les idées de nos voisins mouscronnois. Pour ce faire, outre le maire, nous avons contacté quatre habitants d’origine flamande (et ils sont très nombreux à Mouscron) et quatre Wallons dont l’un s’est déclaré « Picard ».

«  La Belgique va-t-elle éclater ?  » A cette question, tous les interlocuteurs flamands ont répondu par la négative, alors que la moitié des Wallons estiment possible cette éventualité.

Le maire, Alfred Gadenne, estime que «  la Belgique n’éclatera pas, car c’est Bruxelles qui la maintient  ».

Pour Valentin Graulich, ancien combattant et résistant bien connu dans la cité des Hurlus, «  tous les Flamands avec lesquels j’ai discuté de la fin de la Belgique sont unanimes : pas de séparation car Flamands et Wallons ont combattu ensemble sous le même drapeau pendant les deux guerres  ».

L’adjoint Damien Yzerbyt est persuadé que l’État belge ne disparaîtra pas car, lors de chaque crise, «  on a toujours trouvé le consensus pour sauver le pays  ».

Du côté francophone, ce n’est pas l’unanimité. Ainsi l’adjoint à la culture, Michel Franceus (qui se proclame « Picard »), estime qu’il est difficile de répondre à cette question : «  Les deux scénarios sont possibles et je ne peux faire de pronostic  ».

En revanche, pour Bernard Delarue, directeur d’un centre accueillant des enfants handicapés : «  Vraisemblablement, oui, la Belgique va éclater car aucune solution aux problèmes institutionnels n’est en vue et le temps manque pour la trouver  ».

Marie-Paule Bouckaert, une ardente francophone, l’affirme : «  Pas d’éclatement, mais on va vers le confédéralisme  ». Enfin, pour Claude Depauw, le président de la société d’histoire, «  si la Belgique devait éclater, ce ne serait pas pour maintenant, à cause de tous les problèmes que cela soulèverait  ».

Peu d’engouement

Aussi étonnant que cela paraisse, nos interlocuteurs mouscronnois sont loin d’être intéressés par un rattachement de la Wallonie avec la France. Étonnant quand on sait, par exemple, qu’à chaque manifestation patriotique on entonne la Marseillaise au monument aux morts. Quand on connaît aussi le nombre de Français domiciliés à Mouscron. Quand on entend régulièrement les discours enflammés qui s’achèvent par un vibrant «  Vive la France  ».

Selon le maire, «  la Wallonie risque d’être un parent pauvre, mais dans un département propre  ». D’après Roger Verbrugge, ancien employé de banque, «  ce rattachement risque de coûter très cher à la France. Ce serait pour elle un cadeau empoisonné  ». Pour Valentin Graulich, «  les Wallons ne sont pas toujours désirés par beaucoup de Français  ». Damien Yzerbit pense que «  ce rattachement n’est pas dans l’air du temps  ». Michel Franceus, quant à lui, estime qu’un rattachement ne serait pas une bonne formule pour les départements se plaignent déjà du centralisme parisien. «  Les structures de l’État français sont trop différentes  », précise l’adjoint chargé de la culture et du tourisme... Pour Marie-Paule Bouckaert, «  la Wallonie serait noyée au sein de la France. Je serais plutôt intéressée par un rattachement avec le Grand Duché de Luxembourg  ». Bernard Delarue est le seul à prôner le rattachement au sein d’un grand département, à condition que Nicolas Sarkozy donne son feu vert... Pour l’historien Claude Depauw, «  il faudrait beaucoup de temps pour réaliser un tel rattachement. Les systèmes belges et français sont trop différents. Même le code civil, par exemple, est différent  ».

Une Wallonie indépendante ?

Au cas où serait prononcé le divorce entre la Flandre et le Wallonie, cette dernière pourrait-elle devenir un état indépendant à l’image de Monaco, du Lichtenstein, Andore, de la Tchéquie ou encore la Slovaquie ?

Pour le maire, cette formule serait difficile à vivre. Roger Verbrugge, lui, ne croit pas «  à une Wallonie indépendante. J’aime bien ma petite Belgique et son roi  ». Pour S.H., agent à l’hôtel des impôts : «  Oui, l’indépendance, mais avec Bruxelles  ». C’est aussi l’avis de Damien Yzerbit. «  On pourrait l’envisager, vu l’intransigeance des Flamands  », estime Bernard Delarue. Quant au système des « facilités » (aider les minorités à comprendre la langue de l’autre dans certaines régions de la frontière linguistique, comme c’est le cas à Mouscron-Comines), c’est l’unanimité pour ne pas y toucher.

Comment sauver la Belgique ?

Pour le maire de Mouscron et la plupart de nos interlocuteurs, «  il faut constituer un gouvernement de sages  ».

D’autres suggestions : «  que les politiciens, tant flamands que wallons, fassent preuve de beaucoup plus de bon sens  », «  que l’on étende le bilinguisme à tout le pays  », «  avoir des gens intelligents pour diriger le pays et non des gens qui ne songent qu’à se remplir les poches  », «  prendre le temps de négocier  », «  trouver des hommes d’État d’envergure  » ou encore «  exiger un referendum  ». On le voit, nos voisins ne sont pas encore sortis de l’auberge, mais la plupart croient encore à une solution «  à la belge  ».

Guy BERRA (CLP) - 5 août 2008 - La Voix du Nord.

Damien Yzerbyt - Grand-Place, 1 - 7700 MOUSCRON | Secrétariat 056 86 05 13 - GSM 0475 22 80 16
© HMPnet.be