L’incendie du stock d’oeufs de la société Frais Mastock pourrait coûter cher à la commune
Les pertes pour la société Frais Mastock sont considérables, l’exploitant, David Makouanga, accuse l’AFSCA de ne pas l’avoir autorisé à évacuer 1.200 tonnes d’oeufs, soi-disant frais. Cela représente une perte de plus de 700.000€.
Quat à la ville de Mouscron, les coûts suscités, 500.000 € à l’heure actuelle, par le plan communal d’urgence, s’annoncent plus que salés.
“ Si l’AFSCA nous avait laissé l’occasion d’évacuer les frigos 1 et 2 qui n’étaient pas contaminés par le nuage toxique, cela aurait été bien plus facile pour tout le monde”, s’offusque David Makouanga, directeur de la société Frais Mastock à Mouscron.
Sauf que l’AFSCA (Agence fédérale de la sécurité de la chaîne alimentaire), en a décidé autrement et a apposé des scellés sur l’ensemble des frigos. D’après le patron de l’entreprise, si ces derniers lui en avaient laissé l’occasion, 1.200 tonnes auraient ainsi pu être épargnées.
“ Les frigos de stockage sont hermétiques et il est donc impossible que le dégagement d’ammoniac ait pu contaminer les frigos 1 et 2. Mais, les membres de l’AFSCA qui se sont rendus sur place nous ont interdit d’évacuer les oeufs frais contenus dans ces deux frigos. Nous avons dû subir ce blocus du début à la fin alors que le problème aurait pu être réglé mercredi. Nous estimons la perte à plus de 700.000 € !”, peste-t-il.
Le constat n’est visiblement pas le même du côté des responsables de l’AFSCA. “ Lors de notre arrivée mercredi, nous avons procédé à une saisie conservatoire du contenu des frigos 1 et 2. Ces frigos n’étaient plus opérationnels et à leur ouverture, nous avons aperçu des mouches et une odeur de putréfaction se faisait déjà sentir. De ce fait, nous avons bloqué ces deux frigos”, rétorque Pierre Cassart, membre del’AFSCA. Quant au frigo numéro 3, qui est à l’origine de l’incendie, son nettoyage sera des plus délicats. En effet, les produits qui se trouvent à l’intérieur ont été réduits à l’état de mélasse. Le nettoyage s’effectuera jusqu’à la fin de la semaine.
500.000 € de frais
Pour la ville, qui a déclenché le plan communal d’urgence samedi matin, cette affaire risque de lui coûter les yeux de la tête. À l’heure actuelle, les estimations s’élèvent à plus d’un demi-million d’euros. Cela comprend les interventions des pompiers, de la police, du nettoyage du site, mais aussi le transport des oeufs contaminés vers la société anversoise de bio-méthanisation Op de Week. Et à 230 € par tonne de déchets à traiter, les 1.800 tonnes coûteront déjà 414.000€...au contribuable.
Pour le maïeur Gadenne, “ la ville fera tout pour que ce soit le pollueur qui paie et non pas les citoyens”. Le ton est donné et le plan d’urgence est maintenu.
Jordan Kasier - Nord Eclair - 16/9/2008









