Tous les déchets présents sur le site Méprec auront été enlevés dans quelques jours. Le site pourrait être racheté par une société voisine.
Cela fait de nombreuses années que l’usine Méprec - rue du Tissage, dans le zoning du Portemont à Mouscron - défraye la chronique. Depuis 2003 au moins.
1. Permis d’exploiter
Spécialisée dans l’incinération de déchets hospitaliers et dangereux, la SA Méprec avait dû cesser plusieurs fois son activité, notamment parce qu’elle avait refusé d’installer un appareillage de mesure de ses fumées, alors que son permis d’exploiter l’exigeait. On ne comptait pas non plus les plaintes et mobilisations des riverains.
2. Incendie et faillite
En août 2005, un incendie ravageait un bâtiment de stockage et les bureaux de la société. En juin de l’année suivante, Méprec déposait le bilan devant le tribunal de commerce de Tournai. 20 personnes perdaient leur emploi.
3. Déchets
À l’époque on décréta qu’il n’y avait pas de risque de pollution, ni pour l’air, ni pour le sol. Reste qu’il y avait là des tonnes de déchets de toutes natures, et que personne ne voulait les évacuer. Ni le curateur de la faillite, qui affirmait ne pas en avoir les moyens financiers, ni la Ville de Mouscron, qui craignait ne pas pouvoir être ensuite remboursée. « On voit bien avec les oeufs de Frais Mastock, où nous avons engagé 600 000 €, que ce n’est pas simple de retrouver son argent » nous a dit hier Damien Yzerbyt, échevin de l’Environnement, présent sur le site pour faire le point avec la presse. En définitive, c’est la Région wallonne qui a décidé de faire évacuer les déchets, à sa charge. Selon une estimation de M. Yzerbyt, le coût de l’enlèvement est estimé à 300 000 €.
4. Sita
Trois collecteurs de déchets dangereux ont fait offre et c’est Sita, qui appartient au pôle environnement du groupe Suez, qui a emporté le marché. Les travaux ont commencé mardi dernier et devraient se terminer dans le milieu de la semaine prochaine. Sita a d’abord tout reconditionné sur place, via des chimistes agréés car, nous a dit Frédéric Devalckeneer, responsable commercial pour le Hainaut occidental, « il y avait un risque de réaction entre produits ». Les différents déchets - on n’a encore « aucune idée » du volume total - seront ensuite retraités dans différents centres spécialisés, en essayant de les revaloriser au maximum, par exemple dans les fours de cimenteries.
5. Et après ?
Le terrain fait environ un demi-hectare. L’intercommunale IEG a un droit de préemption pour l’acquérir mais, a priori, des entreprises voisines pourraient être intéressées. Pour que le site soit tout à fait assaini, il faudra aussi démolir les différents bâtiments en ruine.
François DESCY, Le Courrier - 31/01/2009









