Début 2009, une unité de biométhanisation sera construite. La station d’épuration rejettera huit tonnes de boues en moins chaque jour.
La station Ipalle de Mouscron rejette chaque jour quarante tonnes de boues séchées. Destination l’incinérateur de Thumaide pour ces résidus du processus d’épuration des eaux usées des ménages et des entreprises. Un chiffre que les responsables d’Ipalle espèrent voir diminuer de 20 % lorsque la future unité de biométhanisation sera opérationnelle.
Moins de carbone, moins d’odeurs
Un autre avantage d’inclure une centrale de biogaz dans la station, « c’est l’énergie ainsi générée. On compte produire trois cents kilowatts d’électricité par jour. Cette énergie sera utilisée par nos installations ou renvoyée sur le réseau si on n’en a pas besoin », explique Jean-Michel Delcambe, directeur des Travaux chez Ipalle.
Jusqu’à la moitié des eaux usagées entrant dans la station transiteront par un nouveau bassin de décantation. Les boues qu’elles contiennent seront envoyées dans un digesteur. On y ajoutera des boues déshydratées. Et c’est par fermentation qu’une partie de la matière organique sera alors transformée en gaz. Au final, les boues rejetées par la station comporteront moins de carbone. « Elles fermenteront moins et donc dégageront moins d’odeurs », précise Jean-Michel Delcambe.
Le nouvel équipement sera installé dans la pelouse, à l’entrée du site, entre la clôture et les trois grands bassins circulaires. Aucune autre station d’épuration d’Ipalle ne comporte d’unité de biométhanisation en fonctionnement. Mouscron le peut, car elle est la plus grande du Hainaut occidental. Ath et Leuze ont tenté, puis arrêté l’expérience. « Sans un flux suffisant de matières organiques pour la station, la biométhanisation met en péril le traitement global des eaux ».
Le budget est bouclé, mais il manque le feu vert
L’enquête publique qui concerne la demande de permis unique se terminera le 6 septembre prochain. « Dans les dix jours, le collège échevinal remettra un avis. Le service Urbanisme de la Région wallonne de Mons aura alors trente ou soixante jours pour prendre sa décision », explique l’échevin Damien Yzerbyt, par ailleurs vice-précident d’Ipalle. On n’attend plus que ce feu vert pour démarrer les travaux. Jean-Michel Delcambe : « Le budget de 4,4 millions d’euros est bouclé. Et l’entrepreneur a été désigné, il s’agit de l’entreprise bruxelloise CFE. Sans doute le chantier débutera-t-il début 2009 ». La construction pourrait durer deux ans.
Pierre WUIDART - Le Courrier - 7 août 2008









