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Publié le mercredi 25 janvier 2012

Elections communales 2012 | Table ronde

Après l’ère Detremmerie et la législature « de transition » d’Alfred Gadenne, est-on arrivés, à présent, à l’aube d’une réelle (r) évolution ?

L’année 2006 a sans conteste marqué un tournant dans la vie politique de la cité des Hurlus. Jean-Pierre Detremmerie relégué au second plan, Alfred Gadenne savoure sa victoire de manière simple. Il sait que cela ne sera pas facile, que les espoirs que les Hurlus ont mis en lui et son équipe sont nombreux ; que ses détracteurs « l’attendent » au tournant.

Six ans après qu’il ait déclaré « Continuez à m’appeler Alfred ! » , l’homme aux 7 000 voix a tenu sa ligne de conduite. Il est toujours aussi proche de la population et a fait des efforts considérables pour tenter d’être performant. Cependant, à neuf mois de la fin de cette législature, les déçus se font entendre. « Nous avions mis beaucoup d’espoirs dans cette « nouvelle » équipe » , développe Luc Tiberghien (Écolo). « Nous avions imaginé une plus grande concertation des membres du Conseil communal, mais il faut constater que cette nouvelle gouvernance a été complètement ratée. » Un manque de consultation partagé par les libéraux. « On a l’impression de ne pas avoir toutes les informations au bon moment » , complète Marc Castel (MR).

« Il y a sans doute encore des choses à améliorer, mais on ne peut pas dire que rien n’a évolué » , tempèrent Annick Saudoyer (PS) et Damien Yzerbyt (cdH). La première rappelant la mise sur pied d’un « comité exécutif » extérieur au politique (composé de hauts fonctionnaires dont le secrétaire et le receveur communal) ou la table ronde citoyenne « 21 actions pour le XXIe siècle » . Le second expliquant le nombre de commissions consultatives actives et de réunions organisées avec les citoyens lors des chantiers supervisés par ses services. « De plus, la réalisation de projets prend déjà beaucoup de temps. Il faut faire des choix. Consulter tout le monde dans chaque dossier entraîne fatalement une certaine lenteur. »

Même si à quelques mois des élections, l’opposition se donne du courage en multipliant rêves et utopies, tandis que la majorité se rassure de son succès en relisant les résultats d’autrefois, tous savent pertinemment que la lutte – notamment sur le plan financier – sera rude. Que les budgets seront serrés et que tous se doivent de réfléchir ensemble pour leur commune. « Quand les moyens financiers sont limités, il faut de l’imagination, mais aussi renforcer la concertation avec les citoyens et le Conseil communal dans son ensemble » , conclut Luc Tiberghien qui, comme Marc Castel, espère qu’après cette mandature de « transition », les choses vont réellement évoluer…

La sécurité, un enjeu de taille

Si les quatre partis autour de la table s’accordent pour dire que de nombreuses avancées sont à saluer sur le plan de la sécurité à Mouscron, tous savent aussi parfaitement qu’il reste du pain sur la planche !

« Que ce soit la mise en place d’un cadre pour la zone de police, de la professionnalisation du service incendie ou de l’installation de caméras, nous avons fait un pas de géant » , constate Luc Tiberghien. Malgré cela, deux problématiques majeures donnent aujourd’hui du fil à retordre aux autorités : la délinquance aux abords de la zone frontière et les magasins de tabacs de nuit. « Le Collège a récemment refusé l’implantation de deux nouveaux night shops sur l’entité » , explique Annick Saudoyer. « Pour le moment, c’est la seule chose que nous puissions faire. »

Pour diminuer le sentiment d’insécurité, Marc Castel propose de mettre dans les rues plus d’éducateurs « pour qu’ils prennent en charge les jeunes qui squattent. Quand je passe dans certains quartiers, je n’ai pas peur, mais je peux comprendre les craintes d’une dame seule ou d’une jeune fille, par exemple. Face à cette problématique, il ne faut pas non plus oublier le rôle que tient l’enseignement. »

En effet, comme le souligne Damien Yzerbyt, le comportement des jeunes a évolué et les autorités se doivent de s’y adapter. « Dix jeunes qui traînent en bande à l’heure actuelle risquent d’avoir des comportements plus dangereux que dix jeunes ensemble il y a quelques années… »

La mobilité au coeur du centre-ville

Lors de la prochaine mandature, le centre de Mouscron devrait changer de visage avec, notamment, l’arrivée du nouveau centre administratif et la mise en place du « Plan communal cyclable ». L’occasion donc penser à la revitalisation du coeur de ville et à sa mobilité.

À ce sujet, l’opposition est unanime : « les récentes avancées en terme mobilité, sont évidentes et doivent se poursuivre, notamment en ce qui concerne les modes de transport doux », précise Luc Tiberghien.

Un développement tourné vers le futur qui mérite d’ailleurs une réflexion de fond. « Les efforts qui ont été faits pour les SUL ne seront malheureusement effectifs qui si on limite l’accès des voitures au centre-ville, grâce à des parkings de délestage par exemple », ajoute donc Marc Castel, défenseur d’un centre-ville en partie piéton.

« Nous avions proposé cette alternative à la zone bleue de la gare, mais elle a été refusée », lui rappelle alors Damien Yzerbyt.

Une consultation populaire ?

« Nous avons des idées en ce qui concerne la revitalisation du centre-ville, mais nous pensons qu’il est essentiel de doubler la consultation populaire par l’analyse d’experts », explique Annick Saudoyer qui proposemême la mise en place de bus gratuits permettant de desservir les points stratégiques de la cité des Hurlus. « Rien n’est jamais totalement gratuit », répond cependant l’échevin de laMobilité qui sait « qu’il faudra faire des choix, même si ceux-ci coûteront toujours à quelqu’un… »

Après avoir principalement travaillé durant cette législature sur les axes structurant de l’entité, le débat du centre est donc d’ores et déjà lancé. Ce sera d’ailleurs certainement un des enjeux de la campagne électorale de 2 012.

Le groupe Écolo redoute cependant que la réflexion soit largement biaisée…

« Comme le futur centre administratif nous a été présenté une fois que tout était décidé, nous craignons que tout soit focalisé autour de celui-ci en terme de coûts et d’énergies. De plus, la revitalisation du centre-ville ne peut être pensée qu’en fonction de ce projet d’envergure… Il est pourtant primordial que les citoyens se réapproprient le coeur de Ville. »

Une nouvelle coalition possible ?

À l’heure où toutes les têtes de liste ne sont pas encore dévoilées (on ne connaît que Luc Tiberghien pour Écolo et Annick Saudoyer pour le PS), ce sont surtout les enjeux de cette campagne électorales qui sont au cœur du débat. « Comme lors des élections précédentes, je pense que nous devons nous concentrer sur la création d’emplois pour les Mouscronnois et sur le logement » , développe Damien Yzerbyt.

La précarité grandissante de la population préoccupe également les quatre partis autour de la table. « Les gens qui s’isolent sont de plus en plus nombreux » , ajoute l’échevin du Logement.

« Il faut être plus vigilants, plus proactifs en ce qui concerne le suivi des dossiers. Notamment les loyers impayés » , propose donc Marc Castel. « Grâce au nouveau code wallon du logement chaque famille désœuvrée aura un référent social » , rassure Annick Saudoyer.

Des alliances inédites ?

Outre les problématiques qui construiront leur programme de demain, les élus locaux ne peuvent pas passer sous silence les objectifs qu’ils voudraient atteindre en octobre prochain. De façon tout à fait logique, les partis d’opposition aimeraient changer de camp…

« Nous souhaitons vraiment que les jeux ne soient pas faits à l’avance » , espère Luc Tiberghien. « Nous n’avons pas en tête un partenaire privilégié. Les configurations possibles sont nombreuses. Il peut par exemple y avoir plus que deux partis dans la majorité… »

« S’il y a une possibilité d’être au pouvoir, nous l’accepterons, mais pas à n’importe quel prix ! » , tempère Marc Castel du côté des libéraux. « Hors de question pour nous de faire de la prostitution politique. Je suis contre tout préaccord électoral. »

Comme le PS et le cdH semblent se satisfaire de la configuration actuelle, ils préfèrent mettre la balle dans le camp des électeurs.

« On verra ce que décidera la population », argumente Annick Saudoyer. « Après, les négociations restent ouvertes. »

Et Damien Yzerbyt d’ajouter : « Il est clair que je veux que nous restions à la tête de Mouscron. Nous espérons donc bien sûr que l’électeur sera content du travail fourni en nous accordant plus ou moins le même nombre de sièges. Je pense que nous avons des élus d’une grande maturité, que nous sommes réputés pour être très bien représentés dans les institutions extérieures à notre commune. Grâce à cela, je suis sûr et certain que le débat sera d’une grande qualité . »

Audrey RONLEZ | LE COURRIER - lundi 23 janvier 2012

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