Discours de Joëlle Milquet : Congrès cdH « En... quête de sens »
Il y a quarante ans, en mai 68, on cherchait sous les pavés la plage... En mai 2008, qu’est devenue la plage ? Que voulons-nous désormais trouver sous les pavés ? En mai 68, il y avait cette révolte fiévreuse, d’une jeunesse qui voulait faire la révolution avec un cri passionné de liberté, avec l’urgence d’un bonheur immédiat.
En mai 68, la génération de l’après-guerre entrait dans l’âge adulte et s’opposait à la sécurité d’une société construite sur des traditions, sur des valeurs stables. En mai 68, on pensait qu’il était interdit d’interdire, que les normes, les règles et l’ordre ne devaient plus être de mise, l’ordre n’étant que le reflet d’une volonté de pouvoir ou de domination.
En mai 68, on voulait laisser vivre chacun selon son désir. La société d’abondance donnait naissance à la volonté d’une société d’insouciance et de satisfaction immédiate des désirs.
Mai 68 a été avant tout un mouvement social porteur d’une revendication individualiste, d’une volonté de vivre la satisfaction des désirs individuels sans tabou, sans contrainte.
En mai 68, c’est le triomphe de l’autonomie et de l’individu que l’on veut mettre en marche en jetant les bases, sans le savoir, de la société « libérale » au sens philosophique du terme.
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