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Publié le lundi 5 septembre 2011

1er discours de Benoît LUTGEN, Président du cdH

Mes chers amis, Il y a des matins comme ça qui ne ressemblent à aucun autre. Un rendez-vous qui fait vibrer. Une nouvelle page qui s’écrit. En m’adressant à vous, là maintenant, ici à Namur, je ressens une immense émotion.

Comme militant, comme Secrétaire général, puis comme ministre, j’ai eu l’occasion d’arpenter les allées du parti, les coulisses, les vestiaires, le terrain à Bruxelles et en Wallonie. Je vous y ai rencontrés. Je crois vous connaître un peu, beaucoup, en tout cas passionnément. Etre président, c’est être avec vous, c’est être le président de tous. A votre écoute. A vos côtés, dans les moments de joie et de douleur. Dans les victoires comme dans les défaites. A vos côtés, vous, membres, militants, mandataires. Aux côtés des hommes et des femmes qui ont soutenu notre projet et de ceux qui sont prêts à nous rejoindre.

Il y a des matins comme ça. Stimulants. Motivants. L’envie d’être ensemble ; l’envie de fraternité. Je sais que je peux compter sur vous. Sur votre engagement. Sur vos convictions. Sur votre créativité. Sur votre diversité. Je le sais. Et vous pourrez compter sur moi, vous le savez. J’ai beaucoup reçu et je veux tout donner. Bien plus que d’être avec moi, je vous demande avant tout, d’être ensemble ! Radicalement ! Sans fraternité, pas d’humanisme.

Pour me préparer, j’ai beaucoup écouté. J’ai entendu vos attentes, vos questions, vos propositions. Vous m’avez aussi confié vos défis, vos idéaux, vos espoirs et vos rêves. Je serai avant tout porte-écoute avant d’être porte-parole. Et, en tout cas, avec une voix forte : la vôtre.

Tous ceux qui veulent porter un projet et prendre leurs responsabilités, je leur dis, je vous le dis : ils trouveront leur place au cdH. Place aux convictions, place à l’engagement, place au travail. Ces valeurs j’ai pu les mettre en application depuis sept ans, depuis que j’ai été nommé ministre. Aujourd’hui, je suis votre président. Avec des ambitions, avec des idées, avec des projets, des objectifs et avec un dynamisme que je vous garantis vigoureux et de tous les instants. Il y aura d’abord des exigences et des devoirs. Travailler, s’investir sans compter. Ecouter, dialoguer, décider, agir.

L’humanisme, c’est tout d’abord une question d’attitude. Il s’agit moins de savoir qui est au pouvoir que pourquoi.

L’humanisme est une exigence. Elle est forte. Elle implique le radicalisme. Dans nos choix, dans notre discours et surtout, dans nos actes. Notre leitmotiv : la ra-di-ca-li-té.

Vous m’avez élu président. J’ai bien perçu vos attentes. Mon désir, mon envie d’assumer cet immense défi est tout aussi intense. C’est une belle et grande responsabilité, c’est aussi un plaisir intense. Et le plaisir, nous allons le vivre ensemble.

Vous avez voulu que je sois votre premier de cordée ? – Alors, en route, ensemble !

Le centre n’est pas une pâle synthèse qui se contenterait de réformer à la marge. Le centre, c’est choisir ce que nous mettons au cœur du débat, c’est choisir nos priorités, c’est être sélectifs dans nos choix et radicaux dans la manière de les assumer.

Nous avons l’image d’un parti responsable. Nous aimons défendre l’intérêt général. Nous nous efforçons d’être de bons gestionnaires, des hommes et des femmes d’État. Très bien. Nos prédécesseurs ont réussi des choses remarquables. Merci à eux, très sincèrement. Plusieurs d’entre eux sont présents dans cette salle.

Aujourd’hui, pour répondre aux exigences d’un monde en mutation profonde et en crises à répétition, le cdH doit être aussi une machine à idées nouvelles et alternatives.

Vous avez été nombreux à m’interpeller pour me dire : « Offre-nous un projet politique fort qui exprime parfaitement ce que nous sommes, un projet qui marque les esprits, un projet qui parle au cœur. » Vous voulez un projet qui tranche, un projet qui percute, un projet qui va droit au but ? OK, message reçu. Destination : un projet radical.

Pour écrire ce projet, nous ne manquons pas de matière. Nous avons notre Charte de l’Humanisme démocratique. Auteur : Madame Joëlle Milquet. Ce texte est ambitieux, exigeant même. Nous n’avons pas fini d’en exploiter le potentiel. Ce texte est fort. Il doit servir de point de repère pour chacune de nos actions. C’est le premier sens du mot radical, celui qui nous invite à puiser notre force politique dans nos racines.

Notre responsabilité politique est de proposer une vision, un projet qui a l’avenir pour ligne d’horizon avec une méthode radicale.

Le radicalisme en politique, c’est :

  • Mieux faire : aller à l’essentiel, agir sur les priorités avec efficacité et bon sens
  • Mieux être : être authentique, sincère, fraternel et honnête
  • Mieux servir : c’est s’engager à fond pour les autres

Etre radical, c’est une exigence. Le radicalisme doit être résistance aux compromissions et capacité de s’indigner et surtout d’agir. D’agir pour supprimer ces situations, qui dans notre pays, heurtent chaque jour la dignité de la femme et de l’homme. Pauvreté, logements indécents, isolement, violence.

Chaque homme et femme doit pouvoir se réaliser à travers des projets de vie et chacun doit pouvoir goûter au plaisir de vivre ensemble et de partager. Le radicalisme ne doit pas être brutal pour être efficace. La radicalité de nos propositions n’a pas besoin d’arrogance pour s’exprimer. La sérénité est une force. La nôtre est immense.

Le radicalisme appelle la diversité de la pensée et il rejette la pensée unique. Oser le radicalisme, ce n’est donc pas changer de projet. C’est renouveler notre manière de faire de la politique. C’est penser le changement et le mettre en action.

Chers amis,

Le radicalisme ne supporte pas la langue de bois. Et tant mieux ! Commençons par ce qui occupe notre pays depuis 451 jours. Cette crise politique est inadmissible alors qu’une crise financière, économique et sociale sans précédent secoue toutes les populations.

La Belgique, nous l’aimons. Nous l’aimons profondément. Le cdH travaille au quotidien afin de boucler la phase de négociation en cours. La réussite est indispensable. C’est une chose.

Mais il y en a une autre, tout aussi importante : les Bruxellois et les Wallons doivent se tourner résolument vers l’avenir. Enfin, réellement, concrètement. Les Bruxellois et les Wallons attendent de nous un projet de mieux-être et de prospérité. Un projet qui ouvre de nouvelles perspectives et qui change la logique politique actuelle. Un nouvel équilibre des relations entre les communautés s’impose. Prenons notre destin en mains pour une nouvelle Belgique !

J’ai 41 ans. Et cela fait 41 ans que j’entends : « cette réforme, si, si, promis, juré, c’est la dernière ». Notre destin n’est pas de vivre au rythme des désirs, des projets et des calendriers fixés unilatéralement par des populistes ou des nationalistes.

Il est temps que les francophones aient leur propre projet.

Je l’affirme solennellement : nous francophones, nous devons arrêter de prédire le passé.

Soyons fiers de ce que nous sommes, soyons conscients de nos forces et de nos talents. Nous devons croire en nous, chaque jour et davantage.

Nous avons de la créativité. Nous avons de l’imagination. Nous avons cette chaleur humaine et cet esprit de convivialité, ce plaisir de vivre ensemble apprécié par tous les visiteurs. Nous savons nous serrer les coudes quand il le faut. Nous savons prendre des risques quand les opportunités se présentent. Nous savons ce qu’ensemble veut dire. Nous avons donc toutes les raisons d’être confiants dans notre avenir.

Ce n’est pas parce que nous sommes provisoirement un peu moins nombreux et un peu moins riches que nous n’avons pas le droit, le devoir, l’espace et la liberté de construire notre propre projet.

A nous d’inventer et de puiser dans la riche diversité de nos terroirs, de nos villes, de Bruxelles, notre Capitale, un projet fort qui soit le moteur de notre développement social et humain. A nous de réinventer des institutions simplifiées, souples et dynamiques qui libèrent la créativité, qui donnent envie d’entreprendre, qui renforcent les liens entre les hommes et les femmes. Avec une administration modernisée.

Ensemble, francophones et germanophones, Wallons et Bruxellois, construisons un projet de fierté et de prospérité. C’est la meilleure réponse à ceux qui ne veulent plus de notre pays.

L’Europe nous regarde. La Belgique est observée à la loupe. Construire l’Europe, ça commence chez nous, par la connaissance de l’histoire, par les échanges culturels, commerciaux, par la générosité. L’affirmation de l’identité sans l’ouverture engendre le nationalisme et le repli sur soi ; l’ouverture aux autres sans identité engendre l’insécurité par la perte des repères.

L’Europe, qu’on le veuille ou non, est le seul niveau pertinent de pouvoir face au capitalisme de marché mondialisé. Nous nous engageons à fond pour la renforcer et poursuivre sa construction. Trop lente peut-être. Indispensable sûrement. Ma foi en l’Europe, c’est une Union avec une gouvernance économique et un pilotage politique, une démocratie qui a un visage, une fiscalité harmonisée pour poser les bases solides d’une Europe sociale.

L’Europe est aussi notre levier pour construire un autre monde, plus humain. Sa vocation n’est pas, pas seulement, d’être un grand marché économique bien organisé mais aussi une puissance, une force au service des défis planétaires et humains. L’Europe que nous voulons, c’est une Europe qui est à l’avant-garde pour répondre au défi alimentaire. La famine dans la Corne de l’Afrique en appelle à sa responsabilité.

En tant qu’humanistes, nous voulons consacrer notre énergie à l’essentiel. L’humanisme, c’est refuser la fatalité et remettre de l’ordre dans nos priorités collectives. Et, donc, j’insiste, renverser la logique des rapports entre le Nord et le Sud du pays, entre le Nord et le Sud de la planète. Renverser cette logique nous permettra de concentrer notre énergie sur le progrès humain.

L‘humanisme, c’est refuser les carcans idéologiques et c’est refuser de s’enfermer dans des réflexes d’une autre époque, dans une grille de lecture assez binaire.

L’homme n’est pas objet de l’Etat, du marché ou de l’écologie. Il est acteur de sa vie. Je préfère le citoyen providence à l’Etat providence. Un être libre de ses choix, de sa foi mais aussi de ses doutes ou de son athéisme. Un être debout. Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la fatalité a frappés, doivent savoir qu’ils ne seront pas abandonnés, ils doivent pouvoir compter sur le soutien de la collectivité pour les épauler et chaque jour, sur l’humanisme. Cela nous montre aussi à quel point l’école et ses enseignants sont l’ADN de la société. Il est nécessaire de les soutenir à la mesure de l’enjeu qu’ils représentent. La formation est fon-da-men-tale. Car derrière les fameux « socles de compétences », de quoi parle-t-on ? Comprendre le monde et se comprendre mutuellement. Partager des valeurs et s’ouvrir à celles des autres. Développer ses talents, construire la confiance en soi et construire son avenir.

Les politiques, trop souvent, voient les défis sociaux à travers des chiffres, des pourcentages, des statistiques. Pour les sans-abris, on n’a pas de chiffres officiels, ils sont hors du système, inexistants dans les ordinateurs de l’administration. Mais pour moi, pour nous, un enfant qui dort dans la rue, un seul, n’est-ce pas déjà un scandale suffisamment grand pour qu’il mobilise toute notre énergie politique ?

Il y a des logements vides, des milliers. Mais il y a aussi des logements sociaux, des logements publics, qui sont occupés par des personnes qui ne devraient plus s’y trouver. Le bail social à vie, c’est injuste et déresponsabilisant. Pourquoi maintenir de fait un bail à vie sur un logement de trois chambres alors que les enfants ont grandi et que d’autres familles, avec de jeunes enfants en ont besoin ? Pourquoi laisser un logement social à un ménage dont les revenus ont suffisamment augmenté pour envisager une transition vers leur propre logement ? A Bruxelles notamment, nous sommes à la pointe du combat pour lutter contre cette injustice. Nous proposons le bail à durée déterminée. C’est ce que nous avons fait en Wallonie. Merci André. Notre politique du logement, c’est d’accompagner les locataires, progressivement et sans rupture, du logement public au logement privé, à la propriété.

Un autre exemple : Une enquête publiée dans la presse de cette semaine nous apprend qu’en 10 ans, le prix moyen du logement a été multiplié par 2 alors que les salaires n’ont cru que de 24% !

Comment un jeune couple, une jeune famille, peuvent-ils encore espérer aujourd’hui avoir une maison ? C’est pourtant un projet légitime, pour chacun.

L’enquête nous apprend aussi que le financement des maisons n’est plus octroyé par les banques à 100%, mais en moyenne à hauteur de 70%... ces mêmes banques que l’Etat a sauvées de la banqueroute voici 2 ans ! C’est inadmissible !

C’est une question de dignité. Les jeunes qui se lancent dans la vie, travaillent, fondent une famille, doivent pouvoir être dans les conditions d’acheter une habitation.

A nous de formuler les réponses concrètes ! C’est cela mettre la personne au centre du débat.

Humanisme ne signifie pas angélisme.

La sécurité est un droit fondamental. La sanction juste et rapide, est éducative. Le sentiment d’insécurité des citoyens est légitime. Je ne supporte pas que certains élus balaient ce sentiment du revers de la main. Un exemple qui me fait mal. Des adultes utilisent, manipulent des enfants pour commettre des délits. Utiliser l’innocence d’un enfant pour escroquer ou voler, c’est d’abord et avant tout lui voler son enfance, lui barrer l’avenir. Dans ce cas, les peines doivent clairement être plus lourdes car c’est une circonstance très aggravante.

L’humanisme radical, c’est aussi une autre approche des défis socioéconomiques.

L’économie de la performance, de la croissance et du bien-être prêt-à-consommer génère tant de burn-out, de dépressions, de stress, de cancers. Cette économie-là n’est plus au service de l’homme, elle le broie. J’ai rencontré des médecins, des infirmières, qui m’ont parlé des ces vies brisées par des logiques de rentabilité. Ce qu’il faut dans ces cas-là, ce n’est pas une médecine technico-scientifique, c’est une médecine pour l’homme, qui écoute et qui apaise. Dans le cadre budgétaire étroit des prochaines années, nous demanderons des moyens pour revaloriser ces prestations médicales et soutenir la médecine de proximité, dans les villes et dans les zones rurales. Nous voulons une organisation du travail non seulement compatible avec la vie de famille mais surtout qui améliore la vie de celles-ci. Nous proposons aussi de créer dans les villages et dans les quartiers des espaces de télétravail. Pouvoir travailler à proximité de son domicile, sans mélanger vie familiale et professionnelle, rencontrer des gens issus d’autres entreprises dans des espaces conçus pour le travail. C’est gagner du temps sur les navettes, c’est épargner l’environnement, c’est améliorer la mobilité et surtout créer des liens sociaux entre les hommes et les femmes.

En Belgique, le grand compromis social de l’après-guerre entre capital et travail doit être repensé et refondé sur des bases nouvelles. De nouveaux choix sont à poser car les temps changent : allongement de la vie, organisation différente du temps de travail, avec des rythmes différents pour la famille, pour les loisirs.

Face à ces enjeux, l’opposition entre défense des acquis et réduction des charges est stérile, elle relève du dialogue de sourds. Mais je sais qu’il y a, dans notre pays, des responsables syndicaux et des patrons qui savent où se situe la vraie valeur de leur entreprise. J’ai rencontré des responsables syndicaux et des patrons qui veulent se forger un destin socioéconomique commun, dans un esprit de partenariat et de respect mutuel, plutôt que dans un esprit de lutte et de revendication des uns contre les autres. Ils veulent voir plus loin. Et ils ont raison.

Pour créer cette réponse nouvelle, il est urgent de renouer des liens approfondis et suivis avec le monde patronal, syndical, mutuellistes, associatif, culturel. Nous devons travailler ensemble, partager avec eux nos intuitions, écouter leurs analyses et propositions, soumettre nos projets à la critique. Ensemble nous pourrons faire émerger un nouveau compromis socioéconomique pour le 21ème siècle.

Seul ce nouvel équilibre économique assurera les moyens d’une véritable solidarité capable d’affronter le défi démographique des prochaines décennies. Et d’entreprendre les réformes nécessaires pour une sécurité sociale plus juste et une politique de santé performante et accessible à tous. L’humanisme radical, c’est oser une approche micro et non plus seulement macro-économique. C’est ce que j’appellerais la création de poches de bonheur et d’activités. Les associations, les coopératives, les PME, les écoles, les familles et tant d’autres lieux de rayonnement. Au-delà de leur activité propre, ils occupent une place sociétale forte. Ce sont des lieux où chacun peut développer son envie de créer, d’entreprendre. Et de mettre ses talents au service des autres. Nous serons aux côtés de ceux qui créent et qui entreprennent. Ceux qui veulent miser sur les talents dans leur région, leur ville, leur village, leur quartier.

Je veux que le cdH soit le moteur de ce nouvel idéal. La puissance de ce moteur vous appartient.

Le cdH, c’est une autre manière de penser et de pratiquer la politique.

C’est une stratégie du changement. Alors je voudrais vous parler quelques instants de la méthode que je vous propose. Elle est basée sur cinq idées :

  • Avec vous, je veux porter notre regard plus loin. Pour anticiper les changements et penser l’avenir, pour préparer le terrain sans se laisser assujettir aux rythmes effrénés de l’immédiat. Pour maintenir un cap, nous devons résister à une certaine agitation. Le centre d’étude du cdH sera largement renforcé. Le Cepess doit être cette génératrice d’idées, qui nous met aux avant-postes de l’avenir. Il développera un réseau de ressources, de connaissances et de créativité. Il invitera ceux qui veulent prendre part à son travail.
  • Je veux raviver le dialogue interne et créer de nouveaux espaces de débats. Dans quelques mois, je convoquerai un premier congrès. Avec une nouvelle formule : une préparation collective et une organisation très participative. Avec une première partie le vendredi où nous débattrons, franchement. Les membres auront la parole. Et une seconde partie, le samedi, pour présenter et débattre publiquement de nos propositions. Je veux aussi que notre parti soit un espace de convivialité, où chacun d’entre vous trouve une place pour exprimer et partager ses idées, avec la garantie d’être écouté et relayé. Dans les prochaines semaines, vous recevrez, avec les 11.000 membres de notre parti un questionnaire qui sera une des bases essentielles de notre projet. Je vous demande de prendre le temps d’y répondre. Sans concession.
  • Nous sommes, chacun dans nos cercles et milieux d’action, les ambassadeurs du cdH. Notre message d’espoir, notre projet, les propositions concrètes que nous portons, chacun d’entre nous doit pouvoir les faire vivre autour de lui.
  • Nous devons retrouver le sens du mot "mandat". Nos « contrats » sont tous à durée déterminée et ne nous appartiennent pas. Je le dis pour moi-même comme pour chacun d’entre nous : personne n’est ici pour faire carrière ni pour assurer ses arrières. Dans un mandat, il y a d’abord l’idée de service, de générosité et d’engagement.
  • Notre déploiement sur le terrain va être redéfini. En Wallonie, il nous faut une organisation sur base des circonscriptions fédérales, c’est-à-dire une organisation provinciale. Si notre projet a une portée générale, c’est en partant du niveau local qu’il faut le concrétiser. Et le scrutin communal et provincial est pour nous une formidable opportunité de concrétiser cette ambition. Nous sommes le parti proche des personnes, visible, accessible, présent sur tous les terrains. Notre projet percute lorsqu’il s’ancre dans les réalités locales. Le cdH a toujours connu de grands succès au niveau local. C’est parce que vous, bourgmestres, échevins, conseillers communaux et de CPAS, vous incarnez l’humanisme dans les décisions que vous prenez.

Vous êtes en première ligne, vous les membres et mandataires « de terrain ». Et quand je dis « (de) terrain », c’est à mes yeux un titre de noblesse. Vous êtes les vrais héros de la politique !

Mercredi, j’ai reçu le témoin. J’ai bien conscience de recevoir un héritage important : le personnalisme chrétien, fondateur de l’Europe et l’humanisme démocratique qui en a élargi le chemin.

Le sens du cdH, c’est le sens de l’Homme, sa dignité. Le cdH refuse l’Homme désincarné en un consommateur sans âme. Le cdH refuse l’Homme réduit à un assisté de l’Etat. Le cdH pense et agit « humainement durable ».

Nous devons avoir l’ambition d’apporter de la chaleur humaine dans nos choix de société. La force d’un mouvement de centre c’est qu’il échappe aux clivages et cherche la meilleure solution là où elle se trouve.

Notre humanisme exige des réponses urgentes. Dans les quartiers où les tensions sont vives. Dans les familles où la fin du mois commence le 15, le 10 ou même déjà le 1er du mois. Dans les écoles où l’absence de perspectives confisque l’envie d’apprendre. Dans les hôpitaux où des vies s’achèvent sous monitoring, sans grand réconfort, parfois dans l’indifférence. Dans les entreprises où le travailleur plie sous le poids des lois spéculatives.

Pour moi, tous ces défis sont notre raison d’être, le sens de notre action politique. Que voulons-nous faire de notre humanité ? N’ayons pas peur de mettre la main à la pâte pour façonner le monde de demain. Osons quitter quelques certitudes rassurantes, quelques habitudes ou conforts. Voilà le défi auquel nous sommes conviés aujourd’hui.

Avec vous, je veux rassembler. Elargir encore nos horizons, renforcer nos liens, je veux miser sur la diversité de vos talents, de vos parcours et de vos origines.

Avec vous, je veux créer. Explorer de nouvelles pistes, imaginer le monde de demain et retrousser nos manches pour le mettre en mouvement. Nous serons aux côtés de ceux qui osent, de ceux qui bousculent les évidences, ceux qui prennent des risques.

Comment répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux, démographiques ? Notre métier, c’est d’être une boîte à idées et à solutions au quotidien. C’est aussi voir plus loin : créer de l’avenir.

Portons avec détermination les valeurs de la fraternité.

Ceux qui ont le goût de l’avenir se reconnaîtront - sans hésitation –dans notre projet.

Nous sommes le Centre, la réconciliation de la générosité et de la créativité. Je suis et ensemble nous serons radicalement centristes.

Nous sommes le Centre démocrate parce que nous réunissons toutes les bonnes volontés d’où qu’elles viennent, parce que les citoyens sont les acteurs permanents de leur vie. Que chacun a droit au respect et à l’écoute.

Nous sommes le Centre Démocrate Humaniste, une harmonie entre prospérité et quête de sens, une harmonie entre liberté de penser et d’agir, le droit au bonheur et à la dignité.

L’être humain est un être social, libre, il est un élément de la nature mais il est avant tout humain. L’humanisme rassemble en un seul morceau ces trois dimensions.

Tous les défis que j’ai évoqués, nous allons les relever. Nous allons le faire ensemble. Aujourd’hui, je vous invite, personnellement, là où vous vous trouvez, à aller jusqu’au bout de votre engagement.

Changeons le cours des choses, partout. Plantons des brins d’humanité à Bruxelles et dans sa périphérie, en Brabant wallon, à Namur, dans le Hainaut, à Liège, en Communauté germaphone et dans le Luxembourg, partout en Belgique, en Europe et ailleurs. Plantons ce petit quelque chose de différent qui est un grand projet pour tous. C’est l’espoir que je vous propose.

Je m’engage solennellement, devant vous, à aller jusqu’au bout de mes responsabilités. Solennellement. Radicalement au centre. Avec plaisir. Humainement. Et toujours avec vous.

Benoît LUTGEN Président du cdH Namur, le dimanche 4 septembre 2011

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